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Libreville,( Agence de presse la plume de l’info.com)_ À compter du 9 août prochain, la région synodale du Ntem sera appelée à assurer la direction de l’Église Évangélique du Gabon (EEG). Considérée comme l’une des régions synodales les plus emblématiques de l’Église, elle s’apprête à relever les nombreux défis auxquels cette institution est aujourd’hui confrontée.

C’est précisément là que réside le véritable débat.

Alors que certains s’emploient à détourner les fidèles des interrogations essentielles relatives au bilan du mandat qui s’achève, en privilégiant l’invective, la calomnie et l’injure, au mépris des valeurs évangéliques et de l’esprit de fraternité chrétienne, il apparaît plus opportun de porter un regard lucide sur les quatre années écoulées.
Et si nous en parlions ?

I. Le bilan moral

I.1. Un vivre-ensemble profondément fragilisé

I.1.1. Des insuffisances managériales manifestes

Le climat délétère qui caractérise cette fin de mandat constitue le reflet fidèle de l’atmosphère qui a prévalu durant ces quatre dernières années. Quelles qu’en soient les causes profondes, une évidence s’impose : la gouvernance a souffert de graves insuffisances.

Le remplacement du Bureau du Conseil national par un cabinet dépourvu de base statutaire et profondément divisé, la révocation de deux Conseils régionaux, la dissolution des bureaux national et régional de l’Union Chrétienne des Jeunes de l’Église Évangélique du Gabon (UCJEEG), la suspension d’un membre du Conseil national, la révocation de trois proviseurs sans notification préalable ni respect des procédures en vigueur, ainsi que l’humiliation de plusieurs pasteurs par des paroisses agissant sous influence, illustrent une série de décisions contestables dont la liste est loin d’être exhaustive.

Ce mode de gouvernance, marqué par l’improvisation, les approximations et une certaine arrogance, a profondément ébranlé la confiance d’un grand nombre de fidèles. Dans ces conditions, pouvait-on raisonnablement espérer une fin de mandat sereine et apaisée ?

I.1.2. De graves erreurs stratégiques

Au-delà des insuffisances managériales, le mandat sortant a également multiplié les erreurs stratégiques, dont les futurs responsables de l’Église devraient tirer les enseignements nécessaires.

Parmi celles-ci figurent notamment :
L’affichage public et prématuré du soutien apporté à un pasteur avant même l’ouverture du processus électif.

L’attitude du pasteur soutenu, qui s’est rapidement comporté en héritier désigné, sans s’assurer de l’adhésion des membres du Conseil national de sa propre région synodale, allant jusqu’à les provoquer.

Une démarche précoce et ostensiblement affichée visant à obtenir le soutien de responsables politiques et de hautes autorités de la République.

La présentation de ce candidat au Conseil régional du Ntem sans concertation préalable avec les membres du Conseil national issus de cette région synodale.

Des déclarations publiques particulièrement maladroites, davantage susceptibles d’alimenter les divisions que de favoriser l’unité du peuple de Dieu. À titre d’exemple : « Je ne laisserai pas n’importe qui venir gérer mon Église, avec tout ce que j’ai accompli. » Une telle affirmation soulève plusieurs interrogations : qui désigne-t-on par « n’importe qui » ? Un pasteur peut-il s’exprimer avec autant de mépris à l’égard de ses confrères et frères en Christ ? Enfin, quels sont précisément les accomplissements auxquels il est fait référence ? Nous y reviendrons.

Enfin, la transformation du site historique de Baraka-Mission, haut lieu de la mémoire chrétienne au Gabon, par des aménagements et des orientations jugés incompatibles avec son identité spirituelle et patrimoniale. Là encore, les faits rapportés et les témoignages mériteraient un examen approfondi.

Conclusion de cette première partie

Au terme de cette première analyse consacrée au bilan moral, un constat s’impose : le bien-être spirituel de la communauté chrétienne ne semble pas avoir constitué une priorité du mandat sortant.

Bien au contraire, certaines pratiques observées se sont éloignées des valeurs fondamentales de foi, de charité, d’humilité et d’espérance qui devraient inspirer toute gouvernance ecclésiale. Elles ont contribué à fragiliser le climat de paix, de recueillement et de prière indispensable à la vie de l’Église.

Si l’équipe sortante traverse aujourd’hui une période particulièrement difficile, il serait injuste d’en faire porter la responsabilité à un pasteur originaire du Ntem, quelles que soient par ailleurs ses légitimes ambitions de conduire l’Église.

Les considérations liées aux origines, aux diplômes ou aux clivages géographiques entre le Nord et le Sud relèvent exclusivement des réalités internes à la région synodale du Ntem. Elles ne sauraient remettre en cause la solidarité historique qui unit les fils et les filles de cette région.

Le moment venu, c’est dans un esprit de concertation, autour d’un projet missionnaire mûrement réfléchi, porté avec responsabilité par l’un de ses fils et dans le respect des textes de l’Église, que la région synodale du Ntem assumera pleinement la direction de l’Église Évangélique du Gabon.

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