Le Réveil Gabonais : Comment le Commonwealth veut faire de Libreville la porte d’entrée de l’Afrique centrale

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Libreville,( Agence de presse la plume de l’info.com)_ Ils sont venus sans tambour ni trompette, mais le message qu’ils portaient pourrait bien faire trembler les équilibres diplomatiques de la sous-région. Ce mercredi, une délégation du Conseil de la promotion des investissements du Commonwealth a investi Libreville avec une détermination qui en dit long sur les ambitions croisées du Gabon et de cette influente communauté des nations. Conduite par Samantha Cohen, Directrice Régional pour l’Afrique du Conseil du Commonwealth pour l’Entreprise et l’Investissement, cette offensive de charme ne visait pas seulement à distribuer des invitations pour le Sommet de Lagos des 9 et 10 juin. Non. Il s’agissait d’un véritable examen de passage, d’une évaluation grandeur nature du potentiel gabonais, et les résultats dépassent toutes les espérances.

Dès l’aube, la délégation a mis le cap sur le ministère de l’Économie numérique. Dans le bureau stratégique de Mark Alexandre Doumba, Samantha Cohen a lâché une bombe à retardement : « L’intelligence artificielle va redessiner la carte du monde, et le Gabon a tout pour figurer parmi les architectes de ce nouvel ordre numérique. » Le message est passé comme une décharge électrique. Le ministre, visiblement conscient de l’opportunité historique, a donné son accord de principe pour une participation gabonaise au Sommet de Lagos. Mais en coulisses, on murmure déjà que Libreville vise plus haut : un hub régional de l’IA, adossé aux standards du Commonwealth.

La machine diplomatique s’est ensuite déplacée vers l’Assemblée nationale. Là, l’invitation au Forum préparatoire du Commonwealth a pris des allures de tractation discrète. On parle déjà de jumelages parlementaires, d’échanges de bonnes pratiques législatives, bref, d’une intégration bien plus profonde que de simples poignées de main protocolaires.

Mais c’est au ministère du Commerce que le véritable électrochoc a eu lieu. La ministre Gninga Chaning Zenaba, connue pour son franc-parler, n’a pas fait dans la dentelle. Face aux émissaires du Commonwealth, elle a dressé un état des lieux sans fard : « Nous avons besoin de routes pour désenclaver, d’eau pour abreuver nos projets, d’électricité pour faire tourner nos usines. » Un discours de vérité qui a visiblement impressionné la délégation. Mais la ministre ne s’est pas arrêtée là. Sortant de sa manche deux dossiers brûlants, elle a exposé les projets de deux jeunes entrepreneurs gabonais : l’un veut révolutionner le marché de la pâte d’arachide, l’autre se lance dans la fabrication de pneus. « Voilà le Gabon qui gagne », a-t-elle semblé dire. « Voilà les talents que nous devons financer. »

La réponse de Samantha Cohen a été à la hauteur de cette audace. Avec un sens aigu des opportunités, elle a dégainé une batterie de propositions qui ont fait l’effet d’une onde de choc. Dans le domaine de la santé, le projet Phenix, une plateforme de collecte de données médicales, pourrait placer le Gabon à l’avant-garde de la e-santé en Afrique centrale. Imaginez : un système où chaque patient, du plus reculé des villages de la Ngounié aux cliniques de Libreville, verrait son parcours de soins optimisé par l’intelligence artificielle. Une révolution silencieuse mais profonde.

Dans l’agro-industrie, la proposition est encore plus spectaculaire. Le Conseil du Commonwealth propose ni plus ni moins que de marier le Gabon avec les géants ghanéens et nigérians du café-cacao. Concrètement, cela signifie des investissements massifs, des transferts de technologie, et l’ouverture de marchés jusqu’alors difficiles d’accès pour les producteurs gabonais. Une bouffée d’oxygène pour une filière en quête de second souffle.

Mais c’est dans le secteur du tourisme que l’étincelle a failli mettre le feu aux poudres. Samantha Cohen a évoqué avec passion le modèle australien des éco-lodges, ces écrins de luxe discrets plantés au cœur de la nature sauvage. Et là, stupeur : elle a proposé un partenariat direct avec le gouvernement australien pour développer ce type d’infrastructures au Gabon. La ministre du Commerce a vu dans cette offre une divine surprise. Elle a rappelé la vision du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait des éco-lodges une priorité nationale pour valoriser des sites comme le Lac Bleu, Cap Caravane ou le Parc Loango. L’idée d’allier le savoir-faire australien aux joyaux naturels gabonais a fait tilt. Dans la foulée, Samantha Cohen a lancé une invitation en bonne et due forme au Forum de Lagos, avant de glisser, comme une évidence : « Et pourquoi pas, un jour, un Sommet du Commonwealth à Libreville ? » La salle a retenu son souffle. Une telle éventuality placerait le Gabon au cœur du jeu diplomatique mondial.

La rencontre au ministère des Affaires étrangères a confirmé cette dynamique. Le directeur de cabinet de la ministre Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbény a échangé avec la délégation sur les opportunités économiques offertes par le Commonwealth. Là encore, une idée forte a émergé : former les enseignants gabonais à l’intelligence artificielle. « L’IA va transformer l’éducation en profondeur », a insisté un membre de la délégation. « Le Gabon doit prendre ce train dès maintenant. »

La journée s’est achevée au Fond Gabonais d’Investissement Stratégique (FGIS). Là, les visiteurs ont découvert, ébahis, l’ampleur des projets en cours : logements innovants, urbanisme du futur, et surtout, le chantier titanesque de la Baie des Rois. Une visite du site a permis aux émissaires du Commonwealth de toucher du doigt la réalité de la transformation gabonaise. Du béton, des grues, des hommes au travail : le Gabon ne parle pas, il agit.

Au terme de cette journée marathon, un sentiment domine : le Gabon a passé avec brio son examen d’entrée dans le cercle très fermé des nations courtisées par le Commonwealth. Entre les promesses d’investissements, les transferts de compétences et les perspectives de partenariats inédits, Libreville est en train de griller la politesse à plus d’une capitale régionale. Le réveil gabonais a sonné, et le Commonwealth est venu y répondre. Rendez-vous à Lagos pour la suite.

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