CEEAC : 43 ans après sa création, l’Afrique centrale appelée à accélérer son intégration à l’horizon 2050

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Libreville, Agence de presse La Plume de l’Info.com — Réunis le lundi 19 octobre 2026 au Palais des congrès de Libreville, les responsables de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), les membres du gouvernement gabonais, les représentants diplomatiques et les partenaires institutionnels ont célébré le 43ᵉ anniversaire de l’organisation, ainsi que la Journée de l’intégration régionale. Cette commémoration a été marquée par des appels pressants au renforcement de la solidarité entre les États, à la consolidation de la paix et à la transformation des engagements politiques en réalisations concrètes au bénéfice des populations.

Placée sous le thème « 43 ans de la CEEAC : consolider l’intégration régionale pour une Afrique centrale intégrée, pacifique, prospère et solidaire », cette cérémonie officielle a permis de dresser le bilan du parcours de l’organisation, d’évaluer les défis qui entravent encore son développement et de mettre en perspective ses ambitions à long terme.

La rencontre a notamment enregistré la participation du président de la Commission de la CEEAC, l’ambassadeur Ézéchiel Nibigira, accompagné de sa délégation, ainsi que celle du vice-président du gouvernement gabonais, Hermann Immongault, représentant les autorités nationales. Des membres du gouvernement, des diplomates et des représentants d’institutions partenaires ont également pris part à cette célébration.

Au programme figuraient plusieurs allocutions officielles, un discours prononcé par visioconférence par le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ainsi que la projection d’un film documentaire retraçant l’histoire de cette organisation régionale.

Ézéchiel Nibigira plaide pour une intégration plus concrète et tournée vers 2050

Dans son allocution, le président de la Commission de la CEEAC, l’ambassadeur Ézéchiel Nibigira, a exprimé sa reconnaissance aux autorités gabonaises pour leur présence et leur soutien à la célébration de cet anniversaire. Il a notamment salué la participation du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, représentant le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Pour le responsable communautaire, cette présence traduit l’attachement du Gabon aux idéaux de solidarité, de fraternité et d’intégration régionale. Il a également rendu hommage au président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, ainsi qu’aux dirigeants des États membres pour leur engagement en faveur de la construction communautaire.

Du traité fondateur de 1983 aux réformes institutionnelles
Revenant sur les origines de l’organisation, Ézéchiel Nibigira a rappelé que le 18 octobre 1983, à Libreville, les États fondateurs avaient posé les bases d’un projet régional ambitieux en signant le traité instituant la Communauté économique des États de l’Afrique centrale.

Cette initiative historique reposait sur une conviction fondamentale : l’unité et la solidarité constituent des conditions essentielles à la paix, au développement et à la prospérité des peuples d’Afrique centrale.

Quarante-trois ans après sa création, la CEEAC a enregistré des avancées dans plusieurs domaines, notamment la coopération politique, la paix et la sécurité, l’intégration économique et le renforcement de son architecture institutionnelle.

Le président de la Commission a particulièrement mis en exergue la réforme institutionnelle engagée en 2019, à travers la révision du traité constitutif et la mise en place de la Commission. Cette évolution a ouvert une nouvelle étape dans la consolidation de l’organisation et dans sa capacité à répondre aux enjeux de la sous-région.

Toutefois, ces avancées ne sauraient occulter les difficultés persistantes. L’insécurité, la faiblesse des échanges commerciaux intracommunautaires, l’insuffisance des infrastructures, les entraves à la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que les contraintes liées au financement du développement demeurent autant d’obstacles à surmonter.

Pour Ézéchiel Nibigira, l’intégration régionale ne peut plus se limiter aux engagements institutionnels ni aux déclarations politiques. Elle doit désormais se traduire par des résultats concrets, visibles et mesurables dans le quotidien des populations.

La vision 2050, une ambition articulée autour de six piliers
Face à ces défis, la Commission de la CEEAC travaille à l’élaboration d’une vision communautaire à l’horizon 2050. Ce document stratégique, appelé à être soumis à l’examen et à l’adoption de la prochaine Conférence des chefs d’État et de gouvernement, ambitionne de faire de l’Afrique centrale un espace intégré, pacifique, résilient et prospère.

Selon le président de la Commission, cette vision repose sur six piliers stratégiques :
L’approfondissement de l’intégration économique et commerciale, afin de stimuler les échanges intracommunautaires et de consolider les relations économiques entre les États membres.
La consolidation de la paix et de la sécurité, considérées comme des conditions indispensables à la stabilité politique et au développement durable.

Le développement des infrastructures et de la connectivité, pour faciliter les échanges, fluidifier les déplacements et rapprocher les territoires.

La valorisation durable des ressources naturelles et productives, en vue de mieux exploiter le potentiel économique de l’Afrique centrale.

L’intégration humaine et sociale, qui place les populations au cœur du projet communautaire et favorise la solidarité entre les peuples.

Le renforcement de la gouvernance institutionnelle, afin d’améliorer le fonctionnement de l’organisation et l’efficacité des politiques communautaires.

Cette vision à long terme doit trouver une traduction opérationnelle dans le Plan stratégique indicatif à moyen terme 2026-2030. Celui-ci vise à accélérer la mise en œuvre des priorités communautaires et à promouvoir une gestion davantage axée sur les résultats.

L’ambition affichée est de faire évoluer la CEEAC d’une organisation essentiellement normative vers une communauté pleinement opérationnelle, capable de transformer les décisions des dirigeants en réalisations tangibles au profit des populations.

Le financement communautaire, un levier déterminant
Pour concrétiser ces ambitions, Ézéchiel Nibigira a souligné la nécessité d’un engagement politique renouvelé des États membres. Il a également insisté sur l’importance d’une mobilisation accrue des ressources communautaires, notamment à travers la contribution communautaire à l’intégration, ainsi que sur le renforcement des capacités institutionnelles et le développement de partenariats stratégiques.

Le financement constitue, à cet égard, un levier essentiel pour permettre à l’organisation de déployer ses programmes, d’améliorer ses capacités d’intervention et de concrétiser ses priorités.

L’enjeu est donc de doter la CEEAC de ressources suffisantes et prévisibles afin de lui permettre de mener ses projets à terme et de répondre efficacement aux attentes des populations de la sous-région.

Rapprocher l’organisation de ses citoyens
Au-delà des enjeux institutionnels et économiques, le président de la Commission a rappelé que l’intégration régionale ne saurait être l’apanage des seuls États et des institutions. Elle doit également être portée par les citoyens.

Organisées sur trois journées, les activités commémoratives associent mobilisation citoyenne, célébration institutionnelle, réflexion stratégique et valorisation du patrimoine culturel commun.

La marche de l’intégration, la cérémonie officielle, l’exposition du village de la CEEAC, la conférence-débat de haut niveau consacrée à l’avenir de l’intégration régionale et les manifestations culturelles témoignent de la volonté de rapprocher davantage l’organisation des populations.
Dans cette perspective, Ézéchiel Nibigira a lancé un appel à un engagement renouvelé des États membres, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et de la société civile. Il a particulièrement insisté sur le rôle de la jeunesse, appelée à être à la fois bénéficiaire et actrice de la construction communautaire.

En conclusion, le président de la Commission a renouvelé ses remerciements aux autorités gabonaises pour le haut patronage accordé à cette célébration. Il a exprimé le souhait que ce 43ᵉ anniversaire marque un nouvel élan vers une Afrique centrale unie, pacifique, résiliente et prospère.

Son message s’inscrit dans une ambition claire : tirer les enseignements du passé, répondre aux défis du présent et faire de l’horizon 2050 un objectif fédérateur pour l’ensemble des États membres.

Hermann Immongault réaffirme l’engagement du Gabon
Prenant la parole au nom du président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a rappelé la portée historique de la création de la CEEAC et la responsabilité collective des États membres dans la poursuite de cette œuvre d’intégration.

Il a rendu hommage aux dirigeants fondateurs qui, le 18 octobre 1983, ont posé les jalons d’un projet régional fondé sur l’unité, la solidarité et le développement partagé.

Le représentant du gouvernement gabonais a également souligné l’évolution du mandat de l’organisation, progressivement élargi aux questions de paix, de sécurité et de stabilité politique, en complément de ses missions économiques et sociales.

Évoquant les interventions de la CEEAC dans plusieurs crises régionales, notamment en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et à São Tomé-et-Príncipe, il a rappelé le rôle de l’organisation dans les efforts de médiation politique, d’assistance humanitaire et de stabilisation.

Hermann Immongault a par ailleurs mis en avant les réformes institutionnelles engagées depuis 2015 et poursuivies en 2019, lesquelles ont contribué au renforcement de l’architecture communautaire.

Abordant les perspectives d’avenir, il a insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de financement de l’organisation, de mobiliser davantage les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile, et de renforcer la mise en œuvre des priorités régionales.

Au nom du chef de l’État, le vice-président du gouvernement a réaffirmé l’engagement du Gabon en faveur des idéaux de la CEEAC ainsi que son soutien à la Commission et à son personnel. L’objectif demeure de traduire les ambitions communautaires en actions concrètes, susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations.

Il a enfin souhaité plein succès aux travaux et aux activités marquant ce 43ᵉ anniversaire, placé sous le signe de l’unité et de la solidarité entre les peuples d’Afrique centrale.

Une mémoire commune pour préparer l’avenir

La projection d’un film documentaire consacré à l’histoire de la CEEAC a constitué l’un des temps forts de cette deuxième journée de célébration. Cette séquence rétrospective a permis de revenir sur le chemin parcouru depuis la création de l’organisation et de rappeler les ambitions qui ont présidé à sa naissance.

Le discours prononcé par visioconférence par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, figurait également au programme de cette commémoration.

Quarante-trois ans après sa création, la CEEAC se trouve ainsi à un tournant décisif. Si des avancées ont été enregistrées sur le plan institutionnel, les défis liés à la sécurité, à la mobilité, aux échanges commerciaux, aux infrastructures et au financement continuent de freiner l’approfondissement de l’intégration régionale.

À travers la vision 2050 et le Plan stratégique indicatif à moyen terme 2026-2030, la Commission entend donner une nouvelle impulsion à cette ambition collective. Le véritable enjeu réside désormais dans la capacité des États membres à traduire leurs engagements en politiques efficaces et en réalisations durables.

Car, au-delà des commémorations et des déclarations de principe, la réussite de l’intégration régionale se mesurera à ses effets concrets sur la vie des citoyens : une circulation plus fluide des personnes et des biens, des échanges économiques renforcés, une paix durable et des perspectives de prospérité mieux partagées.

À l’horizon 2050, l’Afrique centrale est ainsi appelée à faire de la solidarité entre ses États non plus seulement un idéal politique, mais un véritable moteur de transformation économique, sociale et humaine.

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