Dakar,( Agence de presse la plume de l’info.com)_ Le Conseil constitutionnel sĂ©nĂ©galais s’est dĂ©clarĂ© incompĂ©tent ce mercredi 17 juin 2026 pour statuer sur le recours introduit contre l’intĂ©gration d’Ousmane Sonko au sein de l’AssemblĂ©e nationale, ouvrant ainsi dĂ©finitivement la voie parlementaire au leader du Pastef.
Le 1er juin 2026, le dĂ©putĂ© Tafsir THIOYE et 17 autres parlementaires ont saisi le Conseil constitutionnel d’un recours tendant Ă faire dĂ©clarer contraire Ă la Constitution la dĂ©cision du 24 mai 2026, par laquelle le Bureau de l’AssemblĂ©e nationale avait procĂ©dĂ© Ă l’intĂ©gration d’Ousmane Sonko en tant que dĂ©putĂ©. Les requĂ©rants soutenaient que le Conseil constitutionnel Ă©tait compĂ©tent pour en connaĂ®tre, en sa double qualitĂ© de juge de la rĂ©gularitĂ© de l’Ă©lection des dĂ©putĂ©s et de rĂ©gulateur du fonctionnement des institutions.
Ils s’appuyaient notamment sur les articles 92 de la Constitution et 2 de la loi organique n° 2016-23 du 14 juillet 2016, ainsi que sur plusieurs dĂ©cisions antĂ©rieures de la juridiction constitutionnelle.
Les arguments rejetés par le Conseil
RĂ©uni en sĂ©ance le 17 juin 2026 sous la prĂ©sidence par intĂ©rim de Madame Aminata Ly NDIAYE, Vice-prĂ©sidente, le Conseil a Ă©cartĂ© un Ă un les arguments des requĂ©rants. Il a d’abord rappelĂ© que l’article 92 alinĂ©a 3 de la Constitution circonscrit strictement sa compĂ©tence en matière Ă©lectorale aux seules Ă©lections nationales, et que cette compĂ©tence s’Ă©teint dès la proclamation des rĂ©sultats dĂ©finitifs du scrutin. Il a ensuite relevĂ© que le contrĂ´le de la lĂ©galitĂ© d’un acte administratif ne relève pas de ses attributions, sauf lorsque cet acte participe directement Ă la rĂ©gularitĂ© d’un processus Ă©lectoral en cours. Or, la dĂ©cision contestĂ©e du 24 mai 2026 est intervenue bien après la proclamation des rĂ©sultats des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es du 17 novembre 2024. Elle porte exclusivement sur l’intĂ©gration d’un ancien membre du Gouvernement devenu dĂ©putĂ© Ă la suite de la cessation de ses fonctions ministĂ©rielles, et ne se rattache donc pas directement Ă la rĂ©gularitĂ© du processus Ă©lectoral. Pour toutes ces raisons, le Conseil a conclu qu’il Ă©tait incompĂ©tent pour en connaĂ®tre.
