EEG / Synode national : que retenir des quatre années de mandat du Révérend Louis Sylvain Allogo Engo ?
Libreville,( Agence de presse la plume de l’info.com)_ À un peu plus de six semaines de la tenue du synode national consacré à la fin de mandat et à son renouvellement au sein de l’Église Évangélique du Gabon (EEG), une interrogation majeure traverse l’ensemble du peuple de Dieu : quel bilan dresser du mandat en cours ?
Le pasteur président lui-même ne manque aucune occasion d’apporter des éléments de réponse. Ce fut notamment le cas lors de la réunion élargie qu’il a présidée le mercredi 20 mai 2026 à Baraka-Mission. Dans le prolongement du thème de son mandat, « La foi et les actes », il a de nouveau mis en avant, comme preuves tangibles, la construction d’immeubles ainsi que la pose imminente de la première pierre du futur siège national de l’Église sur le site de Baraka-Mission.
Cependant, selon plusieurs sources concordantes, ces infrastructures, dont les clauses contractuelles demeurent connues du seul révérend président, seraient gérées dans une opacité préoccupante. Il apparaît en outre que ces constructions sont réalisées par des investisseurs privés étrangers, non chrétiens, sur un site historique et hautement symbolique de la présence chrétienne au Gabon.
Il nous revient également que ces investissements, déployés sur différents sites de l’Église, notamment à Baraka-Mission, Mont-Bouët et Port-Gentil, devraient générer environ trois millions de francs CFA par mois au profit de l’institution, sur une période minimale de vingt-cinq ans. Une telle situation ne manque pas de soulever un certain nombre d’interrogations.
Sur les procédures
Les investisseurs ont-ils obtenu l’aval du Conseil national, seul organe compétent en la matière ?
Le Bureau du Conseil est-il informé des clauses des contrats de bail conclus ?
Pourquoi ces informations semblent-elles entourées d’un tel degré de confidentialité ?
Sur la rentabilité
Les recettes mensuelles annoncées suffisent-elles réellement à couvrir les charges, notamment les traitements des pasteurs, comme cela est avancé ?
Quelles retombées directes ces opérations ont-elles générées pour les finances de l’Église ?
Sur la destination des ressources
Si les immeubles sont construits par des capitaux privés, à quoi ont servi les contributions des fidèles, notamment les dîmes, les offrandes ciblées, les revenus issus des loyers, des cimetières et des tenues scolaires ?
Sur le projet de siège national
La pose de la première pierre du futur siège national intervient à moins de deux mois de la fin du mandat du pasteur président, après plusieurs années de collecte de contributions. Pourquoi un tel décalage dans la réalisation du projet ?
Cette annonce coïncide par ailleurs avec le versement des frais de scolarité par l’État au secteur de l’enseignement privé protestant, une concomitance qui suscite des interrogations.
Sur les autres réalisations
Certaines infrastructures, telles que la réhabilitation de la Radio Fréquence Protestante, du lycée de Kango ou encore la création d’une école des métiers, seraient attribuées à des partenaires extérieurs, notamment la Mission coréenne, la CEEVA, l’État gabonais et les fidèles eux-mêmes.
Dès lors, une question persiste avec acuité : quelle a été la destination effective des contributions internes de l’Église ?
Sur la cohérence du mandat
Enfin, au regard du principe directeur « La foi et les actes », il est relevé que certains collaborateurs proches, notamment des membres du bureau, accuseraient plus de trente mois d’arriérés de rémunération. Une telle situation interroge sur la cohérence entre les orientations affichées et la réalité de la gestion.
Une question centrale
Au cœur de ces préoccupations demeure une interrogation fondamentale : à quoi ont servi les contributions des fidèles, dîmes, offrandes, recettes annexes, ainsi que les ressources générées par les activités de l’Église ?
Seul le pasteur président, le Révérend Louis Sylvain Allogo Engo, est en mesure d’apporter des réponses précises et éclairantes. Toutefois, certains éléments, tels que des investissements personnels présumés notamment des biens immobiliers à Libreville, Oyem et dans son village d’origine, alimentent les débats et les spéculations.
Dans ce contexte, plusieurs voix appellent à un examen approfondi de ces questions, notamment à travers d’éventuels audits, afin de garantir la transparence et la bonne gouvernance au sein de l’institution.
