EEG / Synode national : l’heure du bilan, le vrai débat

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Libreville,( Agence de presse la plume de l’info.com)_ À moins de deux jours de l’ouverture du Synode national, une question s’impose au sein de la communauté chrétienne de l’Église Évangélique du Gabon (EEG) : quel bilan dresser du mandat du révérend Louis Sylvain Allogo Engo ?

Le véritable débat est là. Avant de désigner un successeur, il apparaît essentiel d’évaluer objectivement l’action de l’équipe sortante. Il ne s’agit nullement de faire prévaloir une logique de confrontation ou de céder au mot d’ordre selon lequel « À la guerre comme à la guerre », mais d’apporter des réponses aux nombreuses préoccupations qui engagent l’avenir de l’Église Évangélique du Gabon.

Une Église confrontée à une crise de gouvernance

Le bilan suscite de nombreuses interrogations parmi les fidèles. Plusieurs observateurs estiment que certaines décisions prises durant ce mandat ont fragilisé la gouvernance de l’Église.

En premier lieu, la décision de reporter le Synode, prise selon plusieurs sources sans consultation préalable du bureau, alimente un débat sur la conformité de cette démarche aux textes qui régissent l’EEG. Pour de nombreux fidèles, cette situation a créé une incertitude institutionnelle sans précédent et nourrit des inquiétudes quant à la conduite des assises nationales.

En second lieu, la virulence de certaines prises de position relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux à l’encontre des plus hautes autorités de la République laisse penser, selon certains observateurs, que les relations entre l’Église Évangélique du Gabon et l’État, partenaire historique de cette institution, se sont détériorées au cours du mandat écoulé.

Enfin, les déclarations appelant à une logique de confrontation, les publications jugées hostiles à l’égard de cadres, pasteurs et laïcs de la région synodale du Ntem, ainsi que diverses initiatives dénoncées par certains fidèles, sont perçues comme des facteurs de division au sein de cette région.

Les débats relatifs aux questions identitaires, aux diplômes ou aux préférences politiques demeurent des considérations secondaires. Le véritable enjeu est ailleurs : le Ntem ne désignera pas seulement un homme, mais une équipe appelée à conduire le mandat de la refondation. Les défis qui attendent l’Église sont nombreux et exigent une gouvernance capable de restaurer la confiance, l’unité et la stabilité.

Le patrimoine immobilier et foncier au cœur des interrogations
La gestion du patrimoine immobilier et foncier de l’Église constitue également une préoccupation majeure.

L’EEG dispose, sur l’ensemble du territoire national, d’un patrimoine important. Pourtant, de nombreux fidèles s’interrogent sur les modalités de gestion de ces biens. Selon des sources concordantes, les instances compétentes de l’Église ne disposeraient pas d’une visibilité suffisante sur la nature et le contenu de certains baux ayant permis l’édification d’immeubles sur des terrains appartenant à l’EEG. Cette situation alimente de nombreuses interrogations et appelle davantage de transparence.

Par ailleurs, plusieurs réalisations majeures, notamment la réhabilitation ou la construction de temples, les travaux réalisés au complexe scolaire de Kango ou encore la dotation de la Région de Formation Pastorale en équipements informatiques, auraient été financées grâce au concours de l’État, des fidèles et de la mission coréenne présente au Gabon.

Dès lors, une question revient avec insistance : qu’est-il advenu des ressources propres de l’Église, notamment les frais de scolarité, les dîmes, les contributions spéciales, les revenus locatifs ou encore les recettes issues des cimetières ? De nombreux fidèles souhaitent qu’un bilan financier détaillé permette d’apporter des réponses claires.

À titre de comparaison, plusieurs prédécesseurs du révérend Louis Sylvain Allogo Engo ont laissé des réalisations emblématiques, parmi lesquelles le lycée de Franceville, l’Institut de théologie et le lycée d’Ebomane, le lycée d’Owendo ou encore le lycée André Mintsa.

À l’heure du bilan, une interrogation demeure : quel héritage concret le mandat sortant laissera-t-il aux générations futures de l’Église Évangélique du Gabon ?

Le Synode national offre aujourd’hui une occasion historique de répondre à ces préoccupations et d’engager la refondation tant attendue par les fidèles. Plus qu’un simple renouvellement des dirigeants, ces assises sont appelées à ouvrir une nouvelle page fondée sur la transparence, la responsabilité et le rassemblement de toute la communauté chrétienne.

Le véritable débat est là.

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