Dakar,( Agence de presse la plume de l’info.com)_ Lors de son entretien avec France 24 et RFI, Ousmane Sonko a prononcé une phrase qui continue de provoquer débats, indignations et commentaires :
« Quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. »
Certains ont voulu y voir une provocation. D’autres une maladresse. Pourtant, en observant simplement la composition de l’équipe de France, Sonko n’a fait que rappeler une réalité visible depuis plusieurs décennies : une partie considérable des talents qui brillent sous le maillot bleu est issue de l’immigration africaine ou de familles originaires du continent.
Mais au-delà du football, ce n’est pas du ballon rond dont il parlait.
Il parlait de rapport de force. Il parlait de valeur.
Il parlait de cette étrange contradiction qui caractérise les relations entre l’Afrique et l’Occident.
On présente souvent l’Afrique comme un continent qui a besoin du reste du monde. Pourtant, les grandes puissances se disputent ses ressources stratégiques, recrutent sa jeunesse, attirent ses ingénieurs, ses médecins, ses chercheurs, ses artistes et célèbrent ses sportifs lorsqu’ils portent d’autres couleurs.
Le paradoxe est saisissant : L’Afrique serait pauvre, mais ses richesses alimentent l’économie mondiale. L’Afrique serait faible, mais sa jeunesse constitue l’une des plus importantes réserves de capital humain de la planète. L’Afrique serait dépendante, mais le monde entier convoite ses ressources naturelles et humaines.
C’est précisément ce constat que Sonko a mis sur la table : si les Africains prennent pleinement conscience de leur valeur, des ressources qu’ils possèdent et du potentiel de leur jeunesse, alors le débat sur l’immigration, la coopération internationale et même l’aide au développement devra être repensé.
Ce qui dérange certains n’est peut-être pas la véracité du constat.
C’est qu’il soit formulé sans complexe.
Car lorsqu’un dirigeant africain rappelle que l’Afrique n’est pas seulement un continent de besoins mais aussi un continent dont le monde a besoin, il bouscule des décennies de narratifs construits autour de la dépendance.
La véritable question est donc la suivante :
Et si l’Afrique cessait enfin de se regarder avec les yeux de ceux qui la sous-estiment ?
