Le RENAJI exige la libération immédiate du journaliste Médard TOUNDA YOUBI et appelle le Chef de l’État à faire toute la lumière sur cette affaire
Libreville, (Agence de presse La Plume de l’Info.com) – Lors d’une déclaration de presse tenue ce lundi au siège provisoire du Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI), situé à Cosmopark dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville, son président, Aimé Serge Boulingui, a tenu à éclairer l’opinion publique nationale et internationale sur le différend opposant Madame la Ministre Zenaba GNINGA CHANING à Médard TOUNDA YOUBI, journaliste et membre de ladite organisation.
À cette occasion, le président du RENAJI a exigé la libération immédiate de son confrère et a appelé le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que les autorités judiciaires compétentes, à faire toute la lumière sur cette affaire qui prive de liberté le journaliste, incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis le 23 avril 2026.
Aimé Serge Boulingui a rappelé que leur confrère avait été présenté devant le parquet de la République près le Tribunal de première instance de Libreville à l’issue d’une mesure de garde à vue effectuée à la Brigade territoriale du Gros-Bouquet, pour des faits dont la qualification juridique exacte demeure, à ce jour, insuffisamment clarifiée auprès de leur organisation.
Selon les éléments portés à la connaissance du RENAJI, Médard TOUNDA YOUBI s’est volontairement présenté devant les autorités judiciaires afin de répondre aux accusations formulées à son encontre. À l’issue de son audition, le juge d’instruction compétent avait ordonné sa mise en liberté provisoire, conformément aux dispositions légales applicables en matière de détention préventive et au principe fondamental de la présomption d’innocence.
Le président du RENAJI a toutefois indiqué que cette décision avait été remise en cause de manière aussi soudaine qu’incompréhensible quelques minutes seulement après son prononcé, alors même que l’intéressé se trouvait en présence de sa famille ainsi que des responsables de l’organisation. Un tel revirement, intervenu dans un contexte particulièrement apaisé, ne peut que susciter de profondes interrogations.
« Comment comprendre qu’une décision judiciaire prise en toute indépendance apparente puisse être annulée dans un laps de temps aussi réduit ? », s’est-il interrogé.
Avant d’ajouter que « les soupçons d’ingérences extérieures, évoquant notamment d’éventuelles interventions informelles, fragilisent dangereusement la crédibilité de la procédure judiciaire et portent atteinte aux principes cardinaux d’impartialité et d’indépendance de la justice ».
Le RENAJI tient également à rappeler que les accusations initialement évoquées, notamment celles de diffamation, de chantage et d’extorsion de fonds, auraient été rejetées ou requalifiées en menace par voie de fait. Une telle évolution procédurale renforce, selon l’organisation, le caractère disproportionné du maintien en détention préventive de leur confrère au regard des garanties judiciaires habituellement observées dans des situations similaires.
Le président du RENAJI a par ailleurs estimé que le contexte entourant cette affaire mérite d’être porté à la connaissance de l’opinion publique. En effet, Médard TOUNDA YOUBI avait exercé les fonctions de directeur de campagne de Madame Zenaba GNINGA CHANING lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, avant l’accession de cette dernière aux fonctions ministérielles. Cette ancienne proximité politique et professionnelle soulève aujourd’hui de légitimes interrogations quant à la nature réelle du différend qui oppose les deux parties.
Selon le RENAJI, si Madame la Ministre estimait avoir subi un préjudice personnel distinct de l’activité journalistique proprement dite, il lui appartenait d’engager une procédure sur un fondement juridique approprié, sans impliquer directement l’exercice de la profession de journaliste ni faire peser sur la liberté de la presse les conséquences d’un différend à caractère privé.
L’organisation souligne également qu’il est de notoriété publique que celui qui détient une parfaite connaissance des réalités internes d’un système ou d’un environnement politique peut parfois devenir gênant. Toutefois, aucune considération de convenance personnelle ne saurait justifier une procédure judiciaire susceptible d’apparaître comme un acharnement dirigé contre un professionnel des médias.
Le RENAJI a également rappelé qu’en droit pénal, toute infraction suppose impérativement la réunion de trois éléments constitutifs : l’élément légal, l’élément matériel et l’élément moral. Si ces éléments devaient être légalement caractérisés à l’encontre de leur confrère, il appartiendrait exclusivement à la justice d’en tirer les conséquences, dans le strict respect des garanties procédurales et des droits de la défense.
Toutefois, le président du RENAJI a insisté sur la nécessité d’une mise en liberté immédiate de Médard TOUNDA YOUBI, estimant qu’aucun élément objectivement établi, ni dans les faits reprochés ni dans l’exercice de son activité professionnelle, ne saurait raisonnablement justifier son maintien prolongé en détention préventive.
Il a également déclaré que si les motifs réels de cette détention devaient apparaître imprécis, inavoués ou juridiquement infondés, le RENAJI exigerait alors la remise en liberté d’office et sans délai de son confrère, aucune considération ne pouvant légitimer une détention arbitraire dans un État de droit.
Enfin, Aimé Serge Boulingui a réaffirmé que le RENAJI demeurera pleinement mobilisé dans le suivi de ce dossier et se réserve le droit d’engager toute initiative légale, républicaine et conforme aux textes en vigueur afin d’assurer la protection des droits de Médard TOUNDA YOUBI et de défendre les principes fondamentaux de la liberté de la presse au Gabon.
