Libreville, (Agence de presse La Plume de l’Info.com) – Lors d’une déclaration solennelle tenue le samedi 5 juillet 2025, au siège national de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), sis dans le 4ᵉ arrondissement de Libreville, le Secrétariat Exécutif, représenté par son Vice-Président, Jean-Claude KOMBILA MALWANGU, a tenu à préciser officiellement sa position quant au projet de réunification en cours, afin d’éviter toute interprétation erronée.
D’emblée, il convient de souligner que ce projet est, en soi, louable dans la mesure où il vise à restaurer la grandeur de l’UPG et à lui redonner sa place de force politique majeure, telle qu’elle l’était à l’époque du Président Pierre MAMBOUNDOU. Toutefois, toute initiative de reconstruction ne saurait se faire sans des bases solides et saines.
Déclaration intégrale du Secrétariat Exécutif
Gabonaises, Gabonais, Militantes et Militants,
Le 14 juillet 1989, le Président Pierre MAMBOUNDOU fondait à Paris l’Union du Peuple Gabonais (U.P.G). Pendant près d’un quart de siècle, il mena un combat acharné contre l’injustice, la gabegie, le chômage, tout en prônant le respect de l’État de droit et l’unité nationale. Sa disparition brutale, le 15 octobre 2011, a constitué une onde de choc et a ouvert la voie à des luttes internes pour le contrôle du Parti. Plusieurs cadres, à cette époque, ont préféré s’émanciper en créant leurs propres formations politiques.
Le 30 août 2023, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a mis fin à l’ancien régime. Dans sa volonté de refondation des institutions, plusieurs textes structurants ont été modifiés, notamment la loi relative aux partis politiques. Celle-ci stipule désormais que le maintien d’un parti dans la sphère politique nationale est subordonné à l’obtention d’un député et d’au moins une quinzaine d’élus locaux.
Face à la menace d’une disparition du paysage politique, certains anciens militants ont entrepris des démarches de concertation avec diverses personnalités dans l’optique d’une réunification susceptible de redonner à l’UPG sa place sur l’échiquier politique national.
Compte tenu de l’agitation croissante autour de ce projet, le Secrétariat Exécutif tient à clarifier sa position. Nous saluons l’élan de celles et ceux qui, animés par de bonnes intentions, œuvrent à cette dynamique. Comme le dit l’adage : « l’union fait la force », à condition toutefois que cette union repose sur des fondements solides.
Or, depuis septembre 2023, des tensions subsistent au sein du Secrétariat Exécutif. Elles sont nées de la volonté de certains membres de faire respecter et appliquer le cadre juridique du Parti. Cette posture a conduit l’ancien président, Mathieu MBOUMBA NZIENGUI, à engager des poursuites judiciaires contre trois membres du Secrétariat Exécutif : le Vice-Président Jean-Claude KOMBILA MALWANGU, le Premier Secrétaire Politique Adjoint Alix Kisito MULUNGHIBWANGUE, et le Secrétaire Général Adjoint Serge Alain NZAMBA. À ce jour, les affaires en justice sont toujours pendantes, laissant place à une situation de grande confusion.
Il est donc légitime de se poser certaines questions : quel avenir pour ce projet si les deux parties sont reconvoquées en justice ? Que deviendra cette entreprise si celui qui se proclame Président à vie venait à être désavoué par l’instance judiciaire ? Ne sommes-nous pas en train de mettre la charrue avant les bœufs ? Sur quelles bases repose réellement cette initiative ? Ne s’apparente-t-elle pas à une construction sur du sable mouvant ?
Par ailleurs, plusieurs cadres ont quitté le Parti en raison du non-respect des engagements de MBOUMBA NZIENGUI, notamment l’organisation d’un Congrès, pourtant promise. Près de dix ans après, il conserve une posture inchangée. Peut-on, aujourd’hui, lui accorder foi sans la signature d’un protocole d’accord devant une instance officielle comme le Conseil National du Dialogue (CND) ? Cette inquiétude est partagée par de nombreux observateurs.
D’un point de vue statutaire, tout militant désireux de réintégrer le Parti doit remplir une fiche d’adhésion et se mettre à la disposition du Secrétariat Exécutif. En conséquence, ceux ayant opté pour une fusion-absorption ne peuvent plus se prévaloir du titre de Président. Ce statut s’est éteint du fait même de cette démarche. La tenue d’une « conférence des Présidents » devient donc caduque. Logiquement, tous ceux qui dirigeaient des partis dissidents redeviennent de simples militants placés sous l’autorité du Secrétariat Exécutif.
Il convient de rappeler que l’article 14 des Statuts du Parti stipule qu’en cas de non-organisation du Congrès un mois avant l’expiration du mandat du Président, la gestion du Parti est assurée par le Secrétaire Général. Le Président Pierre MAMBOUNDOU, notre référence morale et politique, était un défenseur rigoureux du droit. Son discours historique en 2005 sur l’illégalité de la prorogation du mandat de Mme MBORANTSUO à la Cour Constitutionnelle reste un témoignage fort de son attachement au respect des textes.
Dès lors, tous ceux qui se réclament de son héritage doivent faire preuve de cette même rigueur. Le mamboundouisme doit être plus qu’un mot d’ordre : il doit être une posture, une ligne de conduite. Après six années d’illégalité, il est intolérable de continuer à cautionner une usurpation à la tête d’un parti politique dont l’image fut autrefois synonyme d’intégrité et de justice.
Cependant, si tous les acteurs sont véritablement mus par la volonté sincère de reconstruire le Parti, nous proposons la mise en place d’un Bureau transitoire, dont la seule mission serait de préparer et organiser un Congrès dans un délai défini. Ce Bureau serait composé de personnes neutres, choisies par la majorité, et son fonctionnement encadré par une charte.
Sans ces précautions, toute initiative serait vouée à l’échec, car les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et pour éviter d’être perçus comme un facteur de blocage, les membres du Secrétariat Exécutif préfèrent se mettre en retrait de ce projet, tout en gardant les portes ouvertes au dialogue.
Pour le Secrétariat Exécutif,
Le Vice-Président,
Jean-Claude KOMBILA MALWANGU
