Libreville, (Agence de presse La Plume de l’Info.com) — Lors d’une déclaration de presse tenue ce samedi au siège du Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI), au quartier Kosmopark dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville, le Président de l’Organisation des Marins et Employés des Ports et Rades (OMEPR), René MACKBARRE MAKOSSO, a dénoncé des faits d’une extrême gravité portant atteinte à la dignité, à la sécurité et aux droits fondamentaux des marins gabonais employés par la société PESCHAUD GABON.
Dans une sortie médiatique qualifiée de fracassante, le président de l’OMEPR a interpellé le Chef de l’État, le Général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’il agisse sans délai pour mettre fin aux pratiques abusives et discriminatoires que subiraient les marins nationaux.
Des abus multiples et persistants
Selon René MACKBARRE MAKOSSO, depuis plus de quinze (15) ans, les marins gabonais travaillant pour PESCHAUD GABON seraient victimes de violations répétées du droit du travail et des conventions internationales ratifiées par le Gabon.
Il a notamment énuméré :
- L’absence de contrats d’engagement maritime depuis plus de quinze ans ;
- Des traitements dégradants et discriminatoires envers les marins gabonais, au profit de travailleurs étrangers ;
- Des licenciements abusifs et arrestations arbitraires visant ceux qui osent dénoncer ces irrégularités ;
- Des atteintes manifestes à la liberté syndicale et au droit au travail, en violation flagrante des lois nationales et internationales.
Des complicités administratives présumées
Le président de l’OMEPR a mis en cause M. Ondo Abagha Alain Rai, responsable du Bureau de la réglementation et du contentieux à la Délégation des affaires maritimes de l’Ogooué-Maritime, qu’il accuse de favoriser ces dérives.
« Celui qui devrait protéger les marins et veiller à la stricte application des textes se livre, au contraire, à des agissements partiaux, contraires à l’éthique administrative, en soutenant ouvertement la société PESCHAUD au détriment des travailleurs gabonais », a-t-il déclaré.
L’OMEPR dénonce également une collusion frauduleuse entre certains responsables administratifs, le président du SYGAMA, M. Madola Bokamba Moïse, et la direction de PESCHAUD GABON, représentée par Jean Paul Koundé, directeur des ressources humaines (de nationalité camerounaise), et M. Sanguenitti, directeur général.
Des revendications claires et immédiates
Face à ces dérives, l’OMEPR formule les exigences suivantes :
- L’annulation immédiate et le report des élections prévues au sein de PESCHAUD GABON ;
- L’organisation d’une séance de travail pour corriger les irrégularités constatées ;
- La dissolution immédiate du comité de suivi actuel de l’entreprise ;
- La création à Libreville d’une Commission nationale d’arbitrage composée :
de représentants des ministères des Transports et du Travail ;
de magistrats ;
d’inspecteurs neutres de la Marine marchande ;
de représentants de PESCHAUD GABON ;
et des représentants légitimes des marins et de l’OMEPR.
Un appel solennel au Chef de l’État
René MACKBARRE MAKOSSO réclame également l’ouverture d’une enquête administrative sur les agissements de M. Ondo Abagha Alain Rai, ainsi que sur de possibles cas d’enrichissement illicite au sein de la Délégation des affaires maritimes de l’Ogooué-Maritime et de la Direction générale de la Marine marchande.
Il appelle de ses vœux au rétablissement du respect de la liberté syndicale et du droit au travail, conformément à la Constitution gabonaise et aux conventions internationales du travail.
« L’OMEPR en appelle à Son Excellence le Général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État, Chef du gouvernement, garant du respect des libertés fondamentales et de la justice sociale, afin que l’État de droit soit rétabli dans le secteur maritime et que cessent les pratiques d’exploitation et de discrimination à l’encontre des travailleurs gabonais », a déclaré René MACKBARRE MAKOSSO.
Il a conclu en réaffirmant la détermination pacifique mais ferme de son organisation :
« Nous restons résolus à lutter contre toute forme d’abus, de corruption et d’atteinte aux droits fondamentaux des travailleurs du secteur maritime. »
