Le journaliste en détention, la justice instrumentalisée : la ministre du Commerce Zenaba GNINGA CHANING serait-elle intouchable et au-dessus du Chef de l’État ?
Libreville, (Agence de presse la plumedelinfo.com) – Depuis la déclaration rendue publique par le président du Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI), Aimé Serge Boulingui, en faveur de leur confrère Médard TOUNDA YOUBI, actuellement détenu, une vague d’indignation gagne une partie de l’opinion publique gabonaise.
Selon plusieurs citoyens, les circonstances ayant conduit à l’incarcération du journaliste soulèvent de nombreuses interrogations. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’injustice et de manque de reconnaissance à l’égard d’un homme qui aurait longtemps accompagné la ministre du Commerce, Zenaba GNINGA CHANING, notamment en qualité d’ancien directeur de campagne.
Pour ces observateurs, la ministre se serait servie de la justice afin de régler un différend personnel avec son ancien collaborateur. Ils soutiennent que les accusations portées contre le journaliste auraient été contestées devant la justice et que le juge d’instruction lui avait accordé une liberté provisoire avant de revenir rapidement sur sa décision, dans un contexte que certains décrivent comme marqué par de fortes pressions.
Le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, réaffirme pourtant à chacune de ses prises de parole son attachement à l’État de droit et à l’indépendance de la justice.
Toutefois, aux yeux de certains observateurs, les agissements reprochés à la ministre du Commerce apparaîtraient en contradiction avec cette volonté politique affichée.
Ces derniers estiment qu’elle aurait usé de son influence pour orienter la procédure judiciaire et obtenir l’arrestation de son ancien collaborateur. Selon eux, de telles pratiques risqueraient d’ébranler la confiance des citoyens dans l’indépendance de la justice et de fragiliser la parole du Chef de l’exécutif sur cette question essentielle.
De nombreux Gabonais rappellent également le large soutien populaire dont a bénéficié le Président de la République lors de son élection. Ils affirment croire en l’innocence de Médard TOUNDA YOUBI et espèrent qu’une solution conforme aux principes d’équité et de justice pourra être trouvée dans les meilleurs délais.
Cette situation conduit aujourd’hui de nombreux citoyens à s’interroger sur l’influence réelle de la ministre Zenaba GNINGA CHANING. Certains vont jusqu’à se demander si elle ne serait pas devenue intouchable, au point d’apparaître comme étant au-dessus du Chef de l’État.
Par ailleurs, plusieurs observateurs de la vie politique alertent sur la situation du journaliste au sein de la prison centrale de Libreville. Ils craignent pour sa sécurité et redoutent que cette affaire ne prenne une tournure encore plus préoccupante.
Selon ces mêmes observateurs, la ministre pourrait profiter de son influence pour faire vivre des moments difficiles à celui qu’elle considère désormais comme son adversaire, alors même que ce dernier aurait largement contribué à son ascension politique.
Ils regrettent également que l’ancien directeur de campagne soit aujourd’hui présenté comme un homme malveillant, alors qu’à leurs yeux, les éléments du dossier ne permettraient pas d’établir avec certitude les accusations de chantage, de diffamation ou d’extorsion de fonds portées contre lui.
Les soutiens du journaliste rappellent en outre que des enregistrements téléphoniques auraient été produits au cours de l’enquête. Ils contestent toutefois la manière dont ces éléments auraient été obtenus et exploités, estimant que leur interprétation serait sujette à caution.
Selon le président du RENAJI, Aimé Serge Boulingui, présent aux côtés du journaliste et de sa famille lors de certaines étapes de la procédure, plusieurs irrégularités auraient entaché le déroulement de l’enquête. Malgré ces controverses, le juge d’instruction avait initialement accordé une liberté provisoire à Médard TOUNDA YOUBI.
En toute fin utile, ses soutiens rappellent que les griefs initialement retenus contre le journaliste auraient été requalifiés au cours de la procédure. Ils regrettent que la liberté provisoire qui lui avait été accordée n’ait duré que quelques minutes avant d’être remise en cause, une situation qu’ils attribuent à des pressions exercées sur le magistrat instructeur.
Au-delà du cas de Médard TOUNDA YOUBI, cette affaire relance le débat sur l’indépendance de la justice gabonaise, la protection des journalistes et la nécessaire séparation entre pouvoir politique et pouvoir judiciaire dans un État de droit.
