Gabon : le secrétaire général du SYNETECPRO interpelle le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, à faire preuve d’autorité et de fermeté

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Libreville, (Agence de presse La Plume de l’Info.com) — Au cours d’un entretien accordé ce dimanche à notre rédaction, le secrétaire général du Syndicat national des enseignants techniques et professionnels (SYNETECPRO), Ghislain Nguema Mve, a vivement interpellé le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’invitant à faire preuve d’autorité et de fermeté vis-à-vis des membres du gouvernement absents lors des travaux de la commission tripartite avec les partenaires sociaux.

Le responsable syndical a notamment exigé que des explications soient demandées aux ministres concernés pour leur absence à cette rencontre. Il a également souhaité que le ministre de la Fonction publique justifie auprès du coordonnateur de l’action gouvernementale l’interruption de la publication mensuelle des listes administratives, autrefois rendues publiques chaque 25 du mois conformément aux engagements pris avec les partenaires sociaux lors des précédentes négociations.

Selon Ghislain Nguema Mve, les partenaires sociaux se sont retrouvés seuls, vendredi dernier, à la commission tripartite, sans la présence d’aucun membre du gouvernement.

Abordant la question des élections professionnelles, le secrétaire général du SYNETECPRO a dénoncé ce qu’il qualifie de « médiocrité gouvernementale » dans l’organisation du scrutin. Il a tenu à préciser que son organisation syndicale n’a jamais rejeté le principe de ces élections, mais qu’elle souhaitait un processus organisé dans le respect des normes et des conditions de faisabilité requises.

Il a regretté ce qu’il considère comme des insuffisances dans la gestion du dossier par certains membres du gouvernement, affirmant que quatre ministres auraient convaincu le Chef de l’État d’organiser ces élections dans le cadre du programme des 100 jours.

Le syndicaliste a également dénoncé certaines incohérences juridiques observées dans le processus, estimant qu’un arrêté ne saurait abroger une loi. Il a notamment évoqué les arrêtés 500 et 600, qui, selon lui, seraient venus contredire les dispositions de la loi 18/92, laquelle ne ferait nullement mention des élections professionnelles.

Poursuivant son propos, Ghislain Nguema Mve a expliqué que le SYNETECPRO avait finalement accepté de prendre part aux élections professionnelles. Toutefois, il déplore que les organisateurs aient demandé au syndicat de calculer sa représentativité sur la base de 27 000 agents, alors que l’enseignement technique et professionnel ne compte que 19 établissements sur l’ensemble du territoire national.

Le secrétaire général du SYNETECPRO a par ailleurs rappelé que les élections professionnelles ne signifient nullement la disparition des syndicats traditionnels. Selon lui, les revendications syndicales demeurent liées aux réalités spécifiques de chaque secteur d’activité.

Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une attitude irrespectueuse de certains syndicats qu’il qualifie de « syndicats d’État ».
Revenant sur les modalités arrêtées lors des concertations, il a indiqué qu’il avait été convenu de commencer le traitement des dossiers par les numéros matricules les plus anciens avant de progresser vers les plus récents. Cependant, il affirme avoir constaté que certains syndicats auraient bénéficié du soutien du ministère de la Fonction publique afin de faire avancer prioritairement leurs dossiers dans le processus électoral.

À cet effet, il s’est interrogé sur la cohérence du traitement des listes administratives, relevant notamment que les listes 107 et 108 demeurent bloquées alors que la liste 183 aurait déjà connu des avancées.

« Il y a manifestement un problème », a-t-il insisté.
Enfin, Ghislain Nguema Mve a dénoncé une pratique récurrente consistant, selon lui, à signer des protocoles d’accords sans réelle application sur le terrain. Il a averti que si les mêmes difficultés persistent d’ici la fin du mois de mai, le SYNETECPRO pourrait entrer en grève.

Le responsable syndical a également appelé l’ensemble des leaders syndicaux à ne pas céder à la pression du gouvernement concernant la signature d’une éventuelle trêve sociale. Malgré les menaces, a-t-il conclu, les responsables syndicaux devraient demeurer fermes dans la défense des intérêts des travailleurs.

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