Le collectif S.O.S Éducation menace de suspendre les cours

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Libreville, (Agence de presse La Plume de l’Info.com) — Les membres du collectif S.O.S Éducation, réunis en assemblée générale ce samedi à l’école publique Martine Oulabou à Libreville, ont décidé à l’unanimité de déposer un préavis de grève lundi prochain au cabinet du ministre de l’Éducation nationale. Si, passé un délai de huit jours, ils ne sont pas reçus pour discuter avec la tutelle, le collectif prévoit de déclencher une grève générale illimitée. Celle-ci paralyserait l’ensemble du système éducatif gabonais en entraînant la suspension des cours sur toute l’étendue du territoire national.

Devant la Direction d’académie provinciale du Haut-Ogooué

Cette assemblée générale s’est tenue simultanément dans toutes les Directions d’académies provinciales, où les enseignants se sont mobilisés comme un seul homme pour défendre leurs revendications.

L’objectif principal de cette rencontre était de présenter le nouveau collectif S.O.S Éducation, qui regroupe plus d’un millier d’enseignants issus de divers horizons, ainsi que d’exposer le cahier des charges et la méthodologie de travail de la plateforme.

M.Moubamba, enseignant précarisé depuis 2013, a déclaré :
« Aujourd’hui, nous nous réunissons pour écrire une nouvelle page de l’histoire éducative de notre pays », rappelant que cette page serait portée non plus par des discours officiels, mais par la voix légitime de la base enseignante, celle qui vit, subit et porte le système éducatif sur ses épaules.

Il a dénoncé des décennies de souffrances et de revendications ignorées par les autorités compétentes :
« Notre mouvement est la résultante de l’immobilisme constaté face à la non-prise en compte des revendications des enseignants et, plus encore, du silence amer et complice des syndicats censés défendre nos intérêts », a-t-il affirmé.

Le collectif S.O.S Éducation a ensuite présenté son cahier de charges, qui comprend plusieurs revendications administratives et financières :

  1. Régularisation des situations administratives avec effet immédiat sur la solde ;
  2. Paiement intégral de tous les rappels de solde sans exigence de constitution de dossiers supplémentaires ;
  3. Mise en œuvre effective du paiement de la prime d’éloignement ;
  4. Revalorisation des primes de logement, de transport ainsi que des allocations familiales ;
  5. Mise en solde immédiate des enseignants bénévoles et des 900 enseignants de sciences ;
  6. Affectation immédiate des enseignants issus des écoles de formation (ENIL, ENS, ENSET, INGS).

Le collectif a par ailleurs tenu à préciser qu’il n’est ni manipulé ni instrumentalisé.
« Nous sommes ici parce que nous avons fait confiance au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Plus de quatre-vingt-dix pour cent, voire cent pour cent des enseignants ont voté pour lui lors de l’élection présidentielle. Or, jusqu’à présent, les promesses du Chef de l’État n’ont pas été tenues », a déclaré Olivia Mucketu, enseignante d’histoire-géographie, précarisée depuis 2015.

Avec une voix empreinte d’émotion, elle a rappelé que l’enseignant gabonais demeure un travailleur précaire, souvent privé de dignité, et a souligné que les enseignants semblent être les oubliés de la transition. Elle a interpellé le Chef de l’État afin qu’il prenne enfin en considération la situation du corps enseignant.

Le collectif a réaffirmé que la grève sera déclenchée si les autorités compétentes refusent tout dialogue, tout en soulignant qu’il reste ouvert à la négociation.

Les enseignants déplorent également la dégradation constante de leurs conditions de vie et de travail, ainsi que l’augmentation alarmante du nombre d’enseignants précarisés.

Rappelons que les enseignants gabonais subissent depuis des décennies une profonde indifférence institutionnelle.

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